
En langue malagasy, il est que « ny marina, marina ihany, marina foana ary tokana ihany ». Ce qui signifie : il n’y a qu’une seule et unique vérité, quel que soit les faits s’étant produit.


En ce qui concerne les tragiques faits qui se sont produits à Madagascar, principalement à Antananarivo et le 25 septembre 2025, Monsieur Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unis aux droits de l'homme depuis le 17 octobre 2022, s’est dit « choqué » mais SANS CITER LUI-MÊME LE NOMBRE DE MORTS. D’où vient donc ce chiffre 22 ?

En Suisse, tout de même, le conditionnel est utilisé... Mais en France aussi, parfois...

En réalité, ce nombre émane de l’ONU même, mais de l’ONU à New York.

Car, depuis le 1er mars 2025, un coordonnateur résident de l’ONU à Madagascar est dans la place. Mais Monsieur Anthony Ngororano n’a ni démenti ni confirmé.
Du coup, tous les médias du monde entier ont repris ce chiffre de 22 morts. Effectivement, cela attire toujours les morticoles et assure, donc, des publicités payantes...

Mais alors, quid de la quarantaine de journaux de Madagascar, tous supports confondus ? Aucun n’a avancé ce chiffre. La lettre de protestation de la ministre des Affaires étrangères malagasy est restée… lettre morte.

Mais sur les réseaux sociaux, donc, « on » s’en donne à cœur joie.
Étant un journaliste d’investigation, un grand chercheur sur supports traditionnels ou numériques, j’ai fini par trouver la connerie (il n’y a pas d’autres mots) qui remise dans le placard des scoops pourris, ce chiffre 22.
Je suis tombé sur le texte de wikipedia en date d’aujourd’hui 9 octobre 2025. De quoi tomber (encore) à la renverse :
« On dénombre au moins 400 blessés et 22 morts, dont celle du député de Betioky Sud Jean-Jacques Rabenirina ». Quel scoop ! Magie du Web mais ce texte va disparaître un jour prochain. Pas tout seul... Les excuses ne sont pas de ce Troisième Millénaire robotisé à en mourir.

En réalité, l'Honorable Jean Jacques Rabenirina est décédé à la suite d'un accident de la route.


Mais du coup, tous les journalistes malagasy, travaillant dans pas moins d’une quarantaine de médias tous supports et toutes tendances confondues, ne sont que des moins que rien. Car AUCUN NE PARLE OU MÊME FAIT ALLUSION A CES "22 MORTS" sortis de la pochette surprise de l'ONU à New York.

Cependant, cet état de chose, fait la joie des insensés qui hantent les réseaux sociaux pour désinformer en se prétendant « journalistes », « lanceuses et lanceurs d’alerte », et quoi d’autres encore. Personnellement, étant journaliste depuis plus que 40 ans, je m’en tiens toujours à l’article 5 de la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération Internationale des Journalistes ou FIJ.
5. La notion d'urgence ou d'immédiateté dans la diffusion de l'information ne prévaudra pas sur la vérification des sources et/ou l'offre de réplique aux personnes mises en cause.
Et je remets ici, ce que j’ai écrit en début d’article :
En malagasy, il est que « ny marina, marina ihany, marina foana ary tokana ihany ». Ce qui signifie : il n’y a qu’une seule et unique vérité vraie, quel que soit les faits s’étant produit.
Jeannot RAMAMBAZAFY
Antananarivo, 9 octobre 2025



